"On ne fait pas pousser du gazon

                       ...en tirant dessus !"

Extrait #7

[...L’entretien dura plus d’une heure. Ce consultant, qui semblait ne plus rien attendre de personne – à quelques missions près ! –, avait été purement et simplement imbuvable.

Avant de nous séparer devant la grille de l’ascenseur, celui-ci me dévisagea longuement.

– Hum… Tournez-vous un peu.

Puis, m’inspectant plus encore, il poursuivit :

– Quel âge avez-vous, déjà ?

– 42 ans ! répondis-je, las de cet entretien.

– Mouais, ça devrait le faire… Vous n’êtes pas encore trop mal…

Je le remerciai a minima pour ses conseils, pour l’effet miroir… Pas le miroir magique, celui à qui vous demandiez si vous étiez la plus belle. Non, ce miroir-là vous affirmait clairement – sans que vous lui demandiez quoi que ce soit – que non seulement vous n’étiez pas le plus beau, mais qu’en outre, il y avait un très grand nombre de jolis prétendants sur le marché et que ce n’était pas avec une simple pomme que vous risquiez de vous en sortir.

À ses dires, me concernant, retrouver un emploi rapidement relevait donc… du conte de fées !...]

Extrait #6

[...En fait, ce jour-là, j’étais arrivé à ce rendez-vous avec plus d’une heure d’avance. J’avais même entrepris de parcourir les quelques kilomètres qui me séparaient de ce que l’on nomme communément un ghetto, celui-là même qui me vit et me fit grandir dix-huit années durant. Je souhaitais m’en rapprocher, le cœur serré, le ventre noué, curieux et anxieux à l’idée d’arpenter ces dédales de béton au sein desquels s’érigeaient pas moins de douze tours.

J’eus envie, à ce moment précis, de m’offrir une parenthèse. Un retour aux sources, plus de vingt ans après avoir quitté cet environnement sans y avoir remis les pieds une seule fois… La mémoire choisit ses souvenirs, ceux-là étaient bien enfouis, au plus profond de moi.

Douze tours, dix-huit étages, huit appartements par palier, pas moins de cinq personnes par foyer – et ceci est une hypothèse basse, croyez-moi –, une cohabitation de huit mille six cent quarante existences. Si tant est que nous puissions alors vraiment parler d’existences… Des noms, des centaines de noms sur des boîtes aux lettres brûlées au briquet, arrachées ou recouvertes de substances nasales anonymes...]

Extrait #8

[...En plein cœur de la crise, les marchés souffraient… les cabinets de recrutement aussi !

Leurs clients ne leur confiaient plus de nouvelles missions, gelaient celles qui étaient en cours – subsistaient quelques offres très ciblées – ou annulaient purement et simplement. Ils privilégiaient alors la mobilité interne – découvrant d’un coup de nouveaux talents au sein de leurs équipes ! –, repoussaient à plus tard le processus de décision quant aux recrutements engagés, différaient leurs projets de réorganisation, prolongeaient l’emploi des seniors – le papy-boom ne serait pas pour tout de suite.

Dans ce contexte, si être un chercheur d’emploi n’avait plus rien d’extraordinaire – dans tous les sens du terme –, c’était être un trouveur d’emploi qui allait le devenir…]

Extrait #10

[...J’obtins plus de la moitié de mes pistes et découvris des contacts clés en m’autorisant justement à sortir des modèles établis et fortement suggérés. Je n’ai aucun regret d’avoir emprunté – guidé par mes convictions – des chemins de traverse. Demander à une personne de vous ouvrir son réseau passe par le fait de partager avec elle des valeurs communes, car c’est lui demander de se porter, d’une certaine manière, garante de la personne présentée – ou, mieux encore, recommandée – auprès de son entourage, sans que ceci n’altère son image.

Altruisme mis à part – les concernant –, c’est une responsabilité. Mener un entretien réseau est donc un exercice qu’il faut préparer soigneusement tout en restant soi-même, naturel.

Développer, entretenir et s’appuyer sur un réseau ne s’apparente pas à du copinage ou à une quelconque forme de piston, c’est une véritable discipline.

La formule à retenir est simple ; c’est network ou no work ! ...]

 

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Extrait #9

[...L’entretien réseau était un véritable moteur pour dynamiser ses recherches. Statistiquement, les cabinets d’outplacement se plaisaient à dire qu’ils présidaient deux fois sur trois à l’obtention d’un emploi, les cabinets de recrutement ne couvrant que 15 % des besoins du marché. L’entretien réseau permettait donc de lever le voile sur ce que l’on nommait le « marché caché »...]