"On ne fait pas pousser du gazon

                       ...en tirant dessus !"

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Extrait #1

[ ... Sur la fin du parcours, la chanson qui inondait l’habitacle de mon taxi Ă©tait VoilĂ , c’est fini
 Par beau temps, j’adorais Jean-Louis Aubert, mais ce jour-lĂ , je dĂ©testai
 Normal, ne pleuvait-il pas ?

Je n’osai demander au chauffeur de changer de station, des fois qu’il tombe sur Nostalgie et que je sois foudroyĂ© par un « Et maintenant, que vais-je faiiireuuu ? Â» Plus tard Gilbert, plus tard.

ArrivĂ© Ă  mon appartement, je me rendis compte que j’étais incapable de dĂ©crire le visage du chauffeur ou mĂȘme de dĂ©finir la marque de sa voiture.

Et puis, il me revint une de ces phrases que je rĂ©pĂ©tais souvent Ă  mes collaborateurs : « Messieurs, ne prenez jamais rien pour acquis, nous ne sommes pas propriĂ©taires de nos emplois, juste locataires. N’oubliez jamais ! Â»

Me concernant, le bail avait Ă©tĂ© rĂ©silié  sans prĂ©avis.

J’avais oubliĂ©. ...]

 

Extrait #2

[... Et puis, il fallait que je me dĂ©cide, que j’avance. Il y avait un temps pour tout, dont celui de passer Ă  l’acte, Ă  l’action.

À quelques semaines des vacances d’étĂ©, je signai donc mon engagement auprĂšs de ce cabinet qui, tirant son nom du grec ancien, se voulait ĂȘtre un lieu oĂč le nomade pouvait faire une halte lors de son parcours, se dĂ©saltĂ©rer et se restaurer avant de prendre un nouveau dĂ©part.

CatapultĂ© malgrĂ© moi dans ce dĂ©sert professionnel, c’est en ces lieux que je dĂ©cidai de me ressourcer
]

 

Extrait #3

[...Les entretiens se poursuivirent, le troisiĂšme, puis le quatriĂšme ; je me rapprochais de l’objectif mais le temps s’était Ă©tirĂ©, quatre mois s’étaient dĂ©jĂ  Ă©coulĂ©s. Le suivi opĂ©rĂ© par le cabinet s’espaça, le ton fut de plus en plus hĂ©sitant, nonobstant la rĂ©ussite des entretiens et « l’indĂ©niable qualitĂ© de ma candidature Â». J’y croyais toujours.

Dans un contexte oĂč les chiffres Ă©taient dĂ©sormais tĂȘtus, ce groupe dĂ©cida d’un gel des recrutements externes et de la mise en place de mesures de protection de l’emploi. Ce pachyderme de la distribution, cet Ă©lĂ©phant, rĂ©sistant contre vents et marĂ©es Ă  la crise, tout compte fait, neuf mois aprĂšs, accoucha d’une souris. Circulez, il n’y a plus rien Ă  croire.

Ce fut une mobilitĂ© interne qui m’expĂ©dia aux oubliettes...]

 

 

Extrait #5

[...Direction l’accueil visiteurs. C’est devant une hĂŽtesse, dĂ©jĂ  fort occupĂ©e au tĂ©lĂ©phone, que je tentai de me faire annoncer.

– Bonjour, je suis monsieur


Elle ne m’écoutait pas.

– Vas-y, pour qui m’prend celle-lĂ  ! J’te jure, m’parle encore ça comme, j’y mets une quecla. Grave, c’est une bouffonne lĂ -celle ! chuchotait-elle, m’adressant un regard distrait.

– Bonjour, tentai-je. Je suis


– Attends ! T’sais pas ce qu’elle m’dit ? Sa race, j’avais trop envie de la pĂ©ta. Bon, faut que j’te laisse, j’ai quelqu’un lĂ , finit-elle par dire avant de raccrocher.

Je pouvais confirmer, les recrutements Ă©taient bien locaux...]

Extrait #4

 [... D’une certaine maniĂšre, je ne lui en voulais pas.

J’avais moi-mĂȘme l’estomac un peu lourd. J’avais prĂ©alablement pris le temps de dĂ©jeuner, juste en face, dans un restaurant dit de restauration rapide spĂ©cialisĂ© en volailles. Du chicken frit Ă  toutes les sauces. Je ne m’y Ă©tais d’ailleurs pas trop attardĂ©, je n’avais pas le code vestimentaire rĂ©glementaire. La prĂ©sence d’un « costard-cravate Â» semblait ĂȘtre le sujet de toutes les discussions et motiver des regards peu amicaux. Ces jeunes gens n’avaient aucune idĂ©e de qui j’étais, n’imaginaient pas le fait que j’aie pu fouler ces terres bien avant qu’ils y soient nĂ©s. J’étais dĂ©jĂ  cataloguĂ©. Si seulement ils avaient su


Je me souviens avoir quittĂ© les lieux en me disant que c’était bien le seul endroit dans ce quartier oĂč les poulets Ă©taient apprĂ©ciĂ©s...]